Rencontrer le Maroc, c’est aussi ce que sont venus faire la trentaine de professionnels français, acteurs institutionnels ou éditeurs, invitée dans le cadre d’une programmation sur les enjeux de l’écosystème du livre. Parmi eux, Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet, qui lance un premier appel à candidatures de mentorat littéraire au bénéfice de jeunes voix marocaines ; Géraldine Prévost, responsable du Pôle Livre et Édition de l’IF venue restituer l’expérience vertueuse du programme « Livres des deux rives » qui s’achève en 2026 ; Gaëlle Bohé, directrice de la Fontaine O Livres qui a animé une Fresque du Livre adaptée au contexte marocain ; ou Régine Hatchondo, présidente du CNL, entendue dans une rencontre sur les pratiques de lecture des jeunes dans les deux pays
ElsaMisson, responsable des cessions de droits de Denoël, se rendait pour la première fois au Maroc. Elle a récemment signé deux contrats avec les éditions Le Fennec, l’un pour les droits en langue française de plusieurs titres de Driss Chraïbi dont le centenaire est célébré en 2026, l’autre pour les droits en langue arabe de Y a-t-il des leçons de l’Histoire ? d’Edgar Morin : « Je souhaite mieux connaître les éditeurs au Maroc pour y augmenter le nombre de cessions, notamment en français. » Une des clefs pour contribuer à l’accessibilité du livre français au Maroc
Autant de débats qui ont ouvert les horizons des intervenants français et nourri les réflexions des professionnels marocains qui, sur le terrain, s’emparent courageusement de sujets qu’il leur faudra encore porter à un niveau politique, de la structuration de la chaîne du livre à la lutte contre le piratage ou à l’encadrement du prix du livre.
Toutefois, ces échanges se sont déroulés avec les seuls acteurs déjà convaincus et mobilisés, en l’absence des institutions marocaines qui devront encadrer, labelliser, légiférer pour protéger toute une filière en demande de régulation, dans une période à la fois favorable car portée par l’enthousiasme de Rabat, Capitale mondiale du livre, et défavorable à cause des élections législatives prévues en septembre prochain qui rebattront les cartes en même temps que le gouvernement.