Le journal du SIEL Les provinces du Sud du Maroc : un regard international croisé

Une rencontre réunissant des experts de trois continents a décrypté, le 2 mai au SIEL à Rabat, la portée géopolitique et économique du développement des provinces du Sud du Maroc. Cinquante ans après la Marche Verte, le bilan est remarquable.
Trois regards croisés, trois expertises distinctes pour décrypter la portée géopolitique et économique d'une décision qui consacre la proposition marocaine d'autonomie pour les provinces du Sud du Royaume sous souveraineté nationale.
Alain Juillet, ancien haut responsable français du renseignement économique, a livré une analyse géostratégique. Il a retracé l'évolution de Dakhla devenue un pôle africain stratégique de développement. « Au départ, Dakhla permettait d'imaginer la bande atlantique du Maroc. Aujourd'hui, elle est une opportunité pour travailler avec l'Amérique, l'Afrique et l'Europe », explique Alain Juillet. Le développement n'a pas été improvisé, les projets se succèdent et affichent des taux d’avancement importants. Depuis 1975, l'ambition est claire : faire des provinces du Sud un hub régional au service de tout le continent selon Juillet.
Quant à l’écrivain Andrés Ordonez, il a retracé le chemin parcouru depuis la Marche Verte jusqu'à la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement. Il estime que la résolution 2797 du Conseil de Sécurité des Nations Unies adoptée en octobre 2025 n'est pas un point de départ. Il s’agit de l'aboutissement d'un long processus qui porte aujourd’hui ses fruits.
Pour sa part, Mohammed Benabdelkader, ex-ministre et chercheur marocain, a décortiqué le discours espagnol sur le Sahara. L'accord de Madrid et la remise du territoire marquent ce récit en quête d’une compensation historique. « La dette et la culpabilité structurent le narratif espagnol. La sortie du Sahara demeure, dans cet imaginaire, une blessure ouverte », souligne Benabdelkader.
Cinquante ans après la Marche Verte, Dakhla regarde vers l'Afrique et l'Afrique regarde vers Dakhla pour un avenir en commun prospère.