Le journal du SIEL Le Maroc dans le monde nouveau : entre ambition et responsabilité

Au SIEL 2026 de Rabat, une table ronde a traité le dimanche 3 mai de la place du Maroc dans un ordre mondial en recomposition. Entre rivalités géopolitiques, montée des puissances émergentes et défis globaux, Abdellah Saaf, Paulo Neves et Caroline Sack Kendem ont évoqué un monde instable où les règles traditionnelles sont contestées.
Nous visons un basculement global : montée des tensions, affaiblissement du multilatéralisme et affirmation de nouvelles puissances. Pour Abdellah Saaf, professeur de Sciences politiques, la mutation actuelle se traduit par une concurrence accrue entre Etats et une défiance croissante entre le Sud et le Nord. Crises économiques, dérèglement climatique, recul du droit international : autant de facteurs qui redessinent les rapports de force.
Dans ce paysage incertain, le Maroc tire son épingle du jeu. Abdellah Saaf met en avant une diplomatie diversifiée, un engagement dans les instances internationales et une capacité à initier des projets structurants, notamment en Afrique. “Le Maroc n’est pas un Etat marginal”, insiste-t-il, rappelant aussi bien son hard power que son soft power.
Paulo Neves, parlementaire portugais, appelle quant à lui les puissances intermédiaires à défendre le multilatéralisme dans un monde qu’il estime traversé par une “guerre silencieuse”. Il considère le Maroc un acteur régional clé, notamment sur le continent africain.
Selon Caroline Sack Kendem, Présidente Mondiale au G100 pour la branche Femmes Vulnérables, Déplacés, Migrants et Réfugiés, l’Afrique, forte de sa jeunesse et de ses ambitions, s’impose comme une partie de la solution même si elle fait face à des défis majeurs, notamment migratoires et technologiques.