Le journal du SIEL L’Afrique actuelle face aux défis de l’Intelligence Artificielle

Au Salon International de l’Edition et du Livre, un panel consacré aux femmes africaines et aux écosystèmes du savoir a mis en lumière les inégalités persistantes dans la production scientifique et culturelle mondiale. Entre IA, domination linguistique et exclusion des femmes, intervenants et experts ont plaidé pour une gouvernance du numérique plus inclusive.
La bataille du savoir ne se joue plus seulement dans les bibliothèques, les librairies et les universités, elle réside aussi dans les bases de données, les plateformes numériques et les systèmes d’Intelligence Artificielle. Le panel « L’Afrique au féminin : pour un écosystème du savoir inclusif, pluraliste et durable » s’est interrogé sur ceux qui produisent le savoir aujourd’hui.
Aujourd’hui, les Intelligences Artificielles ont amplifié des inégalités structurelles héritées de l’histoire, notamment les biais cognitifs et de genre. « Ce diagnostic ne doit pas nous paralyser, mais nous inviter à agir », a expliqué Ouadih Dada, le modérateur du débat. Cette nécessité d’agir a été aussi au cœur de l’intervention de Fatimata Sow Sidibé. La présidente de FARO (Femmes Africaines Racines et Opportunité) a rappelé que les femmes du continent produisent du savoir depuis des millénaires, bien avant l’émergence des outils numériques actuels. Pourtant, une grande partie de ces connaissances reste absente des récits dominants et des archives officielles. Même constat du côté de Charaf Ahmimed, directeur du Bureau régional de l'UNESCO pour le Maghreb qui a souligné que l’Afrique produit bien plus de savoirs que ce qui est visible à l’échelle mondiale.