Le journal du SIEL La plume africaine au féminin : histoire et défis

Ce 6 mai 2026, la Salle Averroès du SIEL a abrité un débat sur les enjeux de la littérature féminine africaine. Mahoua Soumahoro Bakayoko de Côte d’Ivoire et Asma Lamrabet du Maroc, autrices, ont mené une réflexion critique sur l’écriture féminine dans un monde en transformations sur plusieurs plans.
« L’écriture féminine africaine est sortie d’un combat », a déclaré Mahoua Soumahoro Bakayoko, une pionnière de la littérature féminine ivoirienne. Les écrivaines africaines traitent la colonisation, les maux de la société, le patriarcat, l’identité, les aspirations et d’autres sujets qui impactent leur présent et leur futur.
D’après l’autrice de Tounghan ou les écueils de l’immigration, l’écriture de la femme du continent se distingue par son caractère viscéral et émotionnel. Elle refuse de se laisser dominer par la langue du colon et met en avant sa propre sensibilité. Les autrices revendiquent leurs langues locales comme outils souverains d’expression. Bakayoko dit transmettre une partie de son identité à travers chaque œuvre, en veillant à réinventer le réel tout en restant fidèle aux parcours et aux histoires qu’elle raconte.
Asma Lamrabet, essayiste et spécialiste de l’Islam au féminin, a nuancé de son côté le clivage qui existe entre l’écriture féminine et celle féministe. Elle juge que la revendication est la même partout, qu’elle soit théorisée en Europe ou portée en silence en Amérique latine, en Asie ou dans le monde arabe. « Donner la voix aux femmes, c’est déjà quelque chose ». A travers ce ton positif, elle a rappelé que la littérature africaine féminine n’est pas une récente émergence. Elle a toujours existé à travers les traditions orales.
Au cours de cette rencontre, les deux intervenantes ont rappelé des figures historiques de femmes qui ont marqué les récits féminins dès le 12e siècle.