L’échange, centré sur son dernier recueil Un dernier pour la route, a permis d’aborder le rapport d’Abdellatif Laâbi à l’écriture, au doute, au vieillissement et à l’engagement. Entre réflexions sur la poésie, évocation de la revue Souffles et regard lucide sur les combats de sa génération, Laâbi a livré une parole intime et profondément humaniste.
L’auteur a expliqué que l’idée du bilan traverse régulièrement son œuvre : « tous les dix ans, cela se représente pour moi », a-t-il confié, précisant que ces moments lui permettent de s’interroger « sur ce qu’il reste à faire, sur l’inanité ou la nécessité de l’écriture ». Refusant de “s’endormir sur ses lauriers”, l’écrivain a également souligné l’importance pour un créateur de relire son propre parcours afin de se redécouvrir comme « un lecteur nouveau » de son œuvre. Lors de cet échange, Abdellatif Laâbi a défendu une poésie proche des lecteurs, capable de résister au désespoir et ouverte sur la beauté du monde.