Hommage au Marocain(e)s du monde

Hommage
au Marocain(e)s du monde

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Marocain(e)s du monde

En quelques décennies, la communauté marocaine installée à l’étranger a connu des mutations profondes.

Il y a en premier lieu la féminisation. En effet, les femmes de l’immigration ne sont plus désormais que des rejoignantes passives dans le cadre du regroupement familial, même si ce phénomène est loin d’être marginal. Elles constituent près de la moitié de l’immigration et ce sont elles qui, de plus en plus, prennent l’initiative de partir. La montée en puissance des nouvelles générations, nées et socialisées dans les pays de résidence, constitue une autre tendance lourde. Il ne s’agit plus de Marocains résidents à l’étranger au sens classique du terme, partis à l’âge adulte mais -de plus en plus- de doubles nationaux, qui assument, même si par des modalités diversifiées, leur double appartenance. De manière générale, l’enracinement des Marocain.e.s du monde (MDM) dans leurs société de résidence est une donnée massive comme le montre, entre autres révélateurs, le fort taux de naturalisation des émigrés de la première génération dans les pays européens.

Ces dynamiques migratoires vont de pair avec un développement du niveau socio-culturel des MDM (pratiquement un sur cinq a un niveau universitaire) et une mobilité croissante des compétences qualifiées. En fait, la mobilité semble concerner aujourd’hui toutes les régions, toutes les couches sociales : l’émigration n’est pas une donnée du passé. C’est une réalité continue et le bruit fait autour de l’émigration illégale (l’hrig) cache la persistance de départs opérés dans la plus grande légalité vers le Canada, les Etats-Unis ou d’autres pays engagés dans une compétition impitoyable pour la captation de cadres qualifiés.

Enfin, la mondialisation qu’a connue cette migration (même si 80% des MDM sont installés en Europe) crée une diversité extraordinaire qui complexifie l’abord de cette population : derrière l’origine marocaine commune, il y a des communautés diverses par la langue, la tradition politique du pays de résidence, les modes d’insertion dans ces sociétés, le rapport plus ou moins complexe à la « la culture d’origine », etc. 

Mais il y a un point commun qui semble rassembler ces communautés par-delà leur diversité : leur attachement au devenir de la terre d’origine et la volonté du pays de maintenir et de revivifier ce lien. Les Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI d’août 2022 et de novembre 2024 ont, encore une fois, témoigné de cet intérêt et de cette sollicitude.

L’initiative de M. le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, M. Mohammed Mehdi Bensaïd, de mettre, en partenariat avec notre Conseil, les Marocains du monde à l’honneur de cette édition du SIEL, est une nouvelle illustration de cette volonté et de cette prise de conscience des autorités et de la société marocaine.

Dans tous les domaines, et notamment dans le domaine de la culture, les MDM enrichissent à la fois leurs sociétés, qui sont de plus en plus leurs sociétés de naissance et le patrimoine culturel du Maroc. En cette année où nous commémorons le soixante-dixième anniversaire de la parution à Paris en 1955, des Boucs, le grand roman de Driss Chraïbi sur l’émigration, que de chemin parcouru et que de promesses dont témoignent nos invité.e.s et leurs publications.

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