Le journal du SIEL Averroès, un philosophe d’actualité 900 ans après sa naissance

Au SIEL 2026, chercheurs et écrivains ont revisité la pensée d’Ibn Rochd, un philosophe majeur du XIIe siècle, dont l’œuvre continue d’alimenter les débats sur la raison, la religion et la transmission du savoir.
Manuscrits brûlés, traductions inachevées, redécouvertes contemporaines…l’héritage d’Averroès fait encore parler de lui. Un panel consacré au philosophe andalou s’est intéressé à la manière dont son œuvre a été transmise, transformée et parfois réduite à de simples clichés historiques. Cette réflexion a été portée par l’écrivain Mohamed Mesbahi et l’universitaire Lucie Tardy, spécialiste de la philosophie arabe médiévale, et tout particulièrement de l'œuvre d'Ibn Rochd.
La rencontre s’est ouverte sur une minute de silence en hommage à Nabil Lahlou, réalisateur, et Abdelouahab Doukkali, artiste, avant de plonger dans l’univers du penseur musulman le plus associé au rationalisme. Pour l’auteur Driss Ksikes, modérateur du panel, « sans Averroès, ni Aristote ni l’essentiel de la pensée grecque ne seraient arrivés en Europe ». Il refuse toutefois de le réduire à un simple transmetteur. « Il n’a pas été qu’un passeur, mais un penseur à part entière ». Dans le même sens, Lucie Tardy a proposé une lecture plus nuancée du philosophe. La chercheuse regrette qu’Ibn Rochd soit encore souvent réduit à son statut de commentateur d’Aristote, alors que ses écrits révèlent une pensée bien plus complexe.
De son côté, Mohamed Mesbahi, considéré comme l’un des fondateurs de l’école rochdienne à Fès, a replacé Ibn Rochd dans une double filiation intellectuelle : celle de la pensée arabo-islamique et celle de la philosophie grecque. « Il est aussi présent dans la pensée hébraïque et latine », a-t-il insisté, rappelant l’ampleur de son influence au-delà du monde musulman.