Le journal du SIEL La traduction : un pont entre les deux rives

Les défis contemporains de la circulation des œuvres entre l’arabe et le français ont été au cœur du débat. Le rôle des traducteurs et des éditeurs dans la visibilité des productions intellectuelles arabophones ainsi que les enjeux culturels et scientifiques liés à la traduction en Méditerranée ont suscité un intérêt particulier lors des échanges entre les professionnels du livre dans la salle Fatima Al Fihriya du SIEL.
Revenant sur le catalogue « Pensée arabe en traduction », la chercheuse Sadia Agsous-Bienstein a souligné la nécessité de rendre visibles des productions scientifiques arabophones souvent marginalisées dans l’espace francophone. « Ce qu’on traduit, ce qu’on trouve, donne des images assez déformées de cet espace arabe, sur la religion, etc. », a-t-elle expliqué.
Chakib Ararou, traducteur littéraire, a relevé de son côté un déséquilibre entre les traductions de la littérature marocaine francophone vers l’arabe et celles réalisées dans le sens inverse. « La plupart des écrivains visibles dans la francophonie marocaine vivent hors Maroc », a-t-il noté, estimant que cette situation crée un fossé dans la circulation des œuvres.
Pour sa part, Charlotte Groult a insisté sur le rôle déterminant des éditeurs dans la circulation des œuvres traduites. Evoquant l’expérience des éditions Cambourakis, l’éditrice a expliqué que l’ouverture sur la littérature arabophone contemporaine s’est imposée comme une nécessité face à l’absence de textes traduits de l’arabe dans le catalogue de la maison d’édition.