المعرض الدولي للنشر والكتاب (SIEL) - من 1 إلى 10 مايو 2026

La traduction littéraire à l’épreuve de l’IA

Le SIEL traite des nouveaux défis de la traduction
La traduction littéraire à l’épreuve de l’IA
La traduction littéraire à l’épreuve de l’IA
Omaïma Machkour, Françoise Wuilmart, Cécile Deniard et Mohamed Sghir Janjar au SIEL 2026, le jeudi 7 mai.

A l’heure où les outils d’Intelligence Artificielle produisent des traductions instantanées en quelques secondes, le métier de traducteur vacille entre fascination et inquiétudes. Réunis autour du panel « La traduction et l’IA », Françoise Wuilmart, traductrice belge, Cécile Deniard, traductrice française et Mohamed Sghir Janjar, docteur en anthropologie, ont interrogé les transformations profondes du geste de traduction face à l’automatisation croissante du secteur.

Cécile Deniard, traductrice, a attiré l’attention du public sur le choc provoqué par l’arrivée de ChatGPT dans les métiers du livre. « Une explosion ! », a-t-elle affirmé, évoquant un outil qui a impacté toutes les professions et particulièrement la traduction littéraire. En France, explique-t-elle, la situation juridique des traducteurs reste relativement solide, mais les inquiétudes sont présentes.

Pour sa part, Françoise Wuilmart a défendu une vision profondément humaine de la traduction. Elle a rappelé que traduire exige bien plus que la maîtrise technique des langues. « Si on n’est pas écrivain dans l’âme, il est impossible de traduire », a déclaré la traductrice belge qui a détaillé les spécificités de son pays, marqué par la coexistence de trois langues officielles et doté de nombreuses écoles de traduction.

Le regard marocain apporté par Mohamed Sghir Janjar a orienté le débat vers une perspective historique. Ancien directeur-adjoint de la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pendant près de trente ans, il a rappelé que le monde arabe fut un centremajeur de l’édition et de la traduction. En revanche, aujourd’hui, la région reste un marché marginal dans l’industrie du livre malgré la haute qualification des traducteurs arabes, marocains en particulier, selon l’anthropologue.