المعرض الدولي للنشر والكتاب (SIEL) - من 1 إلى 10 مايو 2026

L’enfance comme carrefour des identités linguistiques

Le SIEL 2026 met sous le projecteur la relation des enfants avec les langues
L’enfance comme carrefour des identités linguistiques
L’enfance comme carrefour des identités linguistiques 2
Rabiaa Marhouch, Eugène Ebodé, Reuben Yemoh Odoi, Souleymane Gueye et Fanomezantsoa Razafimamonjiraibe au SIEL 2026, ce mardi 05 mai.

Au Salon International de l’Edition et du Livre 2026 de Rabat, une rencontre a mis en lumière le parcours des enfants qui grandissent dans plusieurs langues. Ecrivains, éditeurs et artistes ont exploré, entre richesse et tensions, ce que signifie le bilinguisme dès l’enfance.

Grandir entre plus d’une langue est la réalité de plusieurs enfants marocains, malgaches, sénégalais, camerounais…Cette rencontre du SIEL a réuni des voix venues de différents horizons pour interroger le multilinguisme, entre transmission, création et identité.

L’éditrice Rabiaa Marhouch a ancré le débat dans une expérience intime et engagée.  Ayant grandi entre l’amazigh, l’arabe dialectal, l’arabe classique et le français qu’elle a appris à l’école, elle incarne ce multilinguisme vécu au quotidien. « Dans des contextes comme celui du Maroc, les langues coexistent naturellement », souligne-t-elle.

L’écrivain et l’universitaire Eugène Ebodé élargit la réflexion. Pour lui, la question linguistique dépasse le cadre individuel. « La culture est une locomotive essentielle pour permettre aux Africains de mieux vivre, entre eux et avec les autres », explique-t-il. Dans cette perspective, la traduction devient un outil fondamental de la communication ; « c’est le meilleur instrument de l’hospitalité », estime Eugène Ebodé.

Pour sa part, Souleymane Gueye, directeur de la maison d'édition Saaraba, évoque un rapport longtemps « naïf » à la langue. Entre le français de l’école et les langues maternelles de l’espace privé, une question interpelle : « pourquoi le français serait-il la langue du savoir? », s’interroge-t-il. Derrière cette question, un enjeu de reconnaissance. « La langue dit quelque chose de notre position dans le monde », nous confie-t-il.