Alexandre Lenot, lauréat du Prix des cinq continents de la Francophonie 2026 pour Cette vieille chanson qui brûle et Khalid Lyamlahy, mention spéciale 2024 du même prix pour Evocation d’un mémorial à Venise, ont en commun l’écriture en français sur des vies qui s’effacent. Tout les oppose dans la forme, tout les rapproche dans l’exigence.
Pour Lenot, la langue est un outil rare et violent, le seul dont disposent deux jumeaux élevés à l’écart du monde dans une forêt française. Quant à Lyamlahy, il estime que le français fracture les mythes européens de l’intérieur. C’est ce qu’il a tenté d’expliquer à travers la noyade d’un jeune réfugié gambien dans le Grand Canal de Venise.
« On écrit dans la langue qui nous hante », précise Khalid Lyamlahy qui pense que la langue est un moyen efficace de confronter la réalité du monde.
Les échanges ont pris fin sur une note positive : « la blessure, on peut la cacher, mais on peut aussi en faire quelque chose de très beau, qui va interroger tous ceux qui porteront leurs regards sur elle », a assuré l’auteur de Evocation d’un mémorial à Venise.