المعرض الدولي للنشر والكتاب (SIEL) - من 1 إلى 10 مايو 2026

La Gastronomie marocaine : un patrimoine au rayonnement mondial

Les saveurs du Maroc célébrées au SIEL 2026
La Gastronomie marocaine : un patrimoine au rayonnement mondial
La Gastronomie marocaine - un patrimoine au rayonnement mondial
Chef Moha, Hayat Zirari, Omar Lamghibchi et Abdelati Lahlou au SIEL 2026, le lundi 04 mai.

Au Salon International de l’Edition et du Livre de Rabat, chercheurs et chefs cuisiniers interrogent la place de l’art culinaire marocain entre héritage, transmission orale et rayonnement. Un patrimoine vivant et stratégique.

La cuisine marocaine ne se déguste pas uniquement, elle se lit et se revendique. Au cœur d’une rencontre dédiée au patrimoine gastronomique, historiens, anthropologues et chefs ont croisé leurs regards pour détailler un véritable levier d’influence culturelle.

Etant un phénomène multidimensionnel, ce patrimoine s’inscrit dans les food studies, un champ qui explore à la fois les pratiques alimentaires, leur histoire et leur portée culturelle.

Pour l’anthropologue Abdelati Lahlou, l’enjeu est double. Il est académique d’un côté et stratégique de l’autre. L’art culinaire s’impose aujourd’hui comme un pilier du soft power marocain, renforcé par la reconnaissance du patrimoine immatériel par l’UNESCO. L’exemple du couscous, partagé entre plusieurs pays d’Afrique du Nord, illustre cette dynamique : plus qu’un objet de rivalité, il incarne un héritage en commun.

La parole du Chef Moha a introduit une dimension plus sensible dans le débat. L’essence de la cuisine marocaine échappe aux livres. Elle réside dans la transmission intime, de mère en fille, des gestes, des saveurs et du temps accordé à chaque préparation. « L’art culinaire est un domaine d’amour », insiste-t-il, rappelant l’aspect intime de l’acte de cuisiner.

De son côté, l’historien Omar Lamghibchi nuance ce récit et évoque un paradoxe : malgré sa richesse, l’art culinaire reste peu valorisé dans les écrits sur l’histoire marocaine. Il évoque un « parent pauvre », influencé par des facteurs géographiques et culturels, notamment la proximité avec l’Europe.